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Bilan 2025 de l’accueil des entreprises : le territoire namurois face aux défis de l’énergie et du foncier

PAE Ecolys_BEP (6 Avril 2025)©Schmitt-GlobalView_HD-13

BEP Expansion Économique a présenté ce mardi le bilan annuel des parcs d’activité namurois. Si les résultats de l’année 2025 sont qualifiés d’honorables, l’intercommunale alerte sur deux obstacles stratégiques : la saturation électrique du réseau et les orientations du futur décret « Expansion » qui pourraient pénaliser durablement le territoire.

Des résultats portés par le marché secondaire

En 2025, BEP Expansion Économique a enregistré la signature de 25 actes de vente, représentant 7,75 hectares de terrains pour un investissement de 28,6 millions d’euros. Ces implantations ont permis la création de 222 emplois.

Toutefois, la dynamique économique se déplace progressivement vers le marché secondaire, c’est-à-dire la revente ou la location de bâtiments existants. Avec 75 transactions (53 ventes et 22 locations) pour un montant de 52 millions d’euros d’investissement, ce secteur a généré 387 emplois l’année dernière. Ce glissement s’explique par une raréfaction des terrains disponibles, le taux d’occupation global des parcs namurois dépassant désormais les 93%.

Le réseau électrique : un frein immédiat à l’investissement

Depuis la fin de l’année 2024, plusieurs entreprises ont vu leurs demandes de raccordement reportées voire refusées par le gestionnaire de réseau ORES, faute de capacité disponible. Cette saturation touche particulièrement le nord de la Province, notamment les parcs Ecolys®, Crealys® et les zones de Bouge (Care-Ys®) et Belgrade (Cit-Ys®).

Face à cette situation, BEP Expansion Économique a sollicité la mise en place d’une « Task Force » régionale pour identifier des solutions techniques rapides. L’intercommunale demande également :

  • La récupération des capacités électriques réservées mais non exploitées par certaines entreprises ;
  • Une aide financière pour les sociétés, dont le chantier de construction est en cours et qui doivent investir dans des solutions énergétiques alternatives ;
  • Une accélération des investissements d’ORES et d’ELIA, dont certains ne sont annoncés qu’à l’horizon 2031.

Réforme du décret Expansion : le risque d’une fracture territoriale

Le gouvernement wallon envisage, via l’étude PEPS 2050, de limiter fortement les extensions de parcs en « pleine terre » pour privilégier la réhabilitation de sites à réaménager (SAR).

Si BEP Expansion Économique partage l’objectif de sobriété foncière, Gaëtan de Bilderling, Président de l’intercommunale, souligne une spécificité namuroise : « Notre province ne possède pas le même passé industriel que d’autres bassins. Avec environ 40 hectares de micro-sites difficilement réhabilitables, Namur est mécaniquement désavantagée par rapport aux régions disposant de vastes friches industrielles. »

Sans une adaptation du décret aux réalités des territoires ruraux, le risque est de voir les prix du foncier exploser et d’écarter les PME et TPE locales au profit de grands groupes ou promoteurs immobiliers. Le message du BEP est clair : « Maîtriser l’artificialisation, oui, mais pas au prix d’une fracture économique entre les territoires. »

Perspectives 2030 : maintenir une offre de proximité

Malgré ces contraintes, BEP Expansion Économique poursuit le développement de nouveaux espaces pour répondre aux demandes des entrepreneurs. Plusieurs chantiers de reconnaissance et d’équipement sont en cours ou prévus d’ici 2030, notamment à Mariembourg, Mettet, Walcourt-Chastrès, ainsi que l’extension de Crealys®. Des demandes de révisions de plans de secteur pour créer de nouveaux d’activité sont également envisagés à Mecalys® (extension), Assesse (extension) et Baillonville-Nord (extension).

L’ouverture prochaine de Condrolys® (Ciney/Hamois) constitue la seule offre territoriale d’envergure disponible à court terme.

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